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La haine, un film de Mathieu Kassovitz. 1995

17/02/2010


“C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec au fur et à mesure de sa chute, se dit sans cesse pour se rassurer: jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.” C’est par ce prologue en voix off que commence ce film passé désormais à la postérité comme film culte. Juste après on peut voir un cocktail Molotov embraser la planète terre. Et puis des images d’archive d’émeutes dans les banlieues avec les noms des acteurs qui s’affichent, tapés comme un rapport de police. Bob Marley chante en toile de fond burnin’ and lootin’, ce qui signifie brûler et piller.

Le film commence, il est 10:38, le journal télévisé nous apprend que des incidents ont éclatés dans la cité des muguets après qu’un inspecteur ait passé à tabac un jeune qui se trouve maintenant entre la vie et la mort. Fini les images données par les médias, maintenant la caméra film Vince et Saïd qui trainent ensemble. Ils rejoignent leur pote Hubert qui s’entraîne seul dans la salle de boxe qui a été brûlée la nuit d’avant. Un flic a perdu son flingue lors des échauffourées. Vince révèle à ses potes que c’est lui qu’il a et que, si leur copain Abdel meurt à l’hôpital, il rétablira l’équilibre en tuant un policier. Hubert tente de raisonner son ami et puis s’en va, énervé (véner) par l’attitude de son ami. Finalement ils vont se retrouver tous les trois pour monter sur Paris voir un mec qui doit de l’argent à Saïd. Vince emporte son arme.

Le film tourné en noir et blanc et réalisé avec beaucoup d’effets visuels, suit donc ces trois jeunes d’origines différentes évoluer dans leur cité qui est la leur et puis dans la capitale où ils sont à l’étroit. En plus d’avoir gravé la mémoire du cinéma français comme film emblématique du malaise des cités, “La haine” a notamment contribué a popularisé le verlan, langage des jeunes des banlieues par lequel s’exprime Vince, Hubert et Saïd. À la bande son, outre Bob Marley, on retrouve “Cut Killer” avec son scratch très significatif “Nique la police/Non je ne regrette rien”. Prix de la mise en scène à Cannes et César du meilleur film, le film eut un tel succès critique et public que le réalisateur en viendra à déclarer que son film ne lui appartient plus.