Archive for the ‘LES INCONTOURNABLES’ Category

“Le grand bleu”. Luc Besson, 1988.

18/02/2010

Le petit Jacques est appelé en renfort par ses camarades qui ont repéré une pièce briller au fond de l’eau. Il s’apprête à plonger mais voilà que débarque Enzo qui s’impose. Il plonge et remonte à la surface avec la précieuse pièce en six secondes seulement. Jacques s’efface.

Johanna Baker travaille pour une compagnie d’assurance New-Yorkaise qui l’envoie dans les Andes enneigées du Pérou. Arrivée sur place, elle tombe instantanément sous le charme de Jacques qui a été appelé pour inspecter une épave coincée sous la glace. De retour à New York, après quelques hésitations, elle se décide finalement à retourner en Europe pour revoir l’amour de sa vie.

Quelques années plus tard Enzo, champion du monde d’apnée sous-marine invite son ami à disputer son titre à Taormina en Sicile. Ils se retrouvent donc pour l’occasion. Enzo est toujours aussi exubérant et plus italien que jamais. Jacques, lui qui a perdu ses parents étant jeune, est quelqu’un de réservé qui passe la majeure partie de son temps à nager avec les dauphins. Pour finir Enzo conserve son titre et invite Johanna et Jacques à fêter ça avec toute sa famille.

Jacques, peu après, réussit l’exploit de plonger jusqu’à 101 mètres, mais Enzo ne compte pas se laisser voler la vedette et descend bientôt jusqu’à 114 mètres. La compétition continue et, au fil des concours internationaux, les deux amis d’enfance font tomber leurs propres records tour à tour. Mais le danger guette, plonger plus bas c’est de la folie. À cette profondeur là le sang ne peut retenir suffisamment d’oxygène que pour pouvoir remonter.

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La haine, un film de Mathieu Kassovitz. 1995

17/02/2010


“C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec au fur et à mesure de sa chute, se dit sans cesse pour se rassurer: jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.” C’est par ce prologue en voix off que commence ce film passé désormais à la postérité comme film culte. Juste après on peut voir un cocktail Molotov embraser la planète terre. Et puis des images d’archive d’émeutes dans les banlieues avec les noms des acteurs qui s’affichent, tapés comme un rapport de police. Bob Marley chante en toile de fond burnin’ and lootin’, ce qui signifie brûler et piller.

Le film commence, il est 10:38, le journal télévisé nous apprend que des incidents ont éclatés dans la cité des muguets après qu’un inspecteur ait passé à tabac un jeune qui se trouve maintenant entre la vie et la mort. Fini les images données par les médias, maintenant la caméra film Vince et Saïd qui trainent ensemble. Ils rejoignent leur pote Hubert qui s’entraîne seul dans la salle de boxe qui a été brûlée la nuit d’avant. Un flic a perdu son flingue lors des échauffourées. Vince révèle à ses potes que c’est lui qu’il a et que, si leur copain Abdel meurt à l’hôpital, il rétablira l’équilibre en tuant un policier. Hubert tente de raisonner son ami et puis s’en va, énervé (véner) par l’attitude de son ami. Finalement ils vont se retrouver tous les trois pour monter sur Paris voir un mec qui doit de l’argent à Saïd. Vince emporte son arme.

Le film tourné en noir et blanc et réalisé avec beaucoup d’effets visuels, suit donc ces trois jeunes d’origines différentes évoluer dans leur cité qui est la leur et puis dans la capitale où ils sont à l’étroit. En plus d’avoir gravé la mémoire du cinéma français comme film emblématique du malaise des cités, “La haine” a notamment contribué a popularisé le verlan, langage des jeunes des banlieues par lequel s’exprime Vince, Hubert et Saïd. À la bande son, outre Bob Marley, on retrouve “Cut Killer” avec son scratch très significatif “Nique la police/Non je ne regrette rien”. Prix de la mise en scène à Cannes et César du meilleur film, le film eut un tel succès critique et public que le réalisateur en viendra à déclarer que son film ne lui appartient plus.

“Alexandre le bienheureux.” Yves Robert, 1967.

13/02/2010


Alexandre est un paysan fort comme quatre qui travaille ses 120 hectares de terre sans relâche. Pourtant ce qu’il aime au fond c’est la pêche, le billard, le football, écouter le chant des oiseaux, jouer un air de trompette et se coucher dans le foin. Mais voilà sa femme ne l’entend pas de cette oreille et le rappelle à la besogne à l’aide d’un talkie-walkie à chaque fois qu’il s’endort sur son tracteur où qu’il s’attarde au bord du chemin. Pour lui remonter le moral, son voisin, en bon copain, lui offre un de ses chiens qu’il ne peut garder. Cependant, soumis, il le cache à sa femme tel Obélix emportant Idéfix en voyage.

Un beau jour sa femme meurt dans un accident de voiture. Lors de l’enterrement ses amis lui demandent ce qu’il compte faire à présent. Sa réponse est nette: “rien”. Il compte prendre le temps de prendre son temps; c’est ça la vie! En rentrant il libère les animaux, efface le tableau noir qui comportait la liste des corvées et se met aussitôt au lit.

Le temps passe et voilà bientôt deux mois qu’Alexandre n’est pas sorti de son lit! Son chien, bien aimable, fait les courses à sa place. Antoine, un ami, se porte volontaire pour tenter de le raisonner le dormeur mais quand il revient il n’est plus le même. Il a été contaminé par les propos d’Alexandre et compte bien arrêter le travail lui aussi!

Bientôt la contagion gagne le village au grand dam de son voisin qui fait tout pour qu’Alexandre sorte enfin de son lit. Agathe, Une jolie fille aux yeux verts, vient d’arriver au village pour travailler à l’épicerie du coin. Pourra-t-elle convaincre Alexandre de se lever?

“La grande bouffe”, un film de Marco Ferreri. 1973.

12/02/2010

Philippe, Ugo, Marcello et Michel sont quatre bons amis qui partagent le même goût pour la bonne table et qui de temps en temps se réunissent pour se faire une bouffe. “Mais cette fois c’est différent” avertit Ugo le restaurateur qui a emporté avec lui tout son set de couteaux de cuisine. Tout naturellement, leurs proches sont assez sceptiques quant à leurs réelles intentions pour ce week-end mais les laissent partir. Après avoir pris congé de leurs entourages respectifs, les quatre individus se rendent alors dans une vielle demeure familiale appartenant à Philippe, magistrat de profession.

Peu à peu le voile est levé sur leur funeste projet: ils comptent s’abandonner aux plaisirs de la chère … jusqu’à en mourir. Purée au marron, coquelets, cailles, huîtres: tout est là pour se remplir, mais très vite ils se sentent seuls. Alors Marcello le pilote de ligne invite des femmes aux mœurs légères pour leur tenir compagnie. Andrea une institutrice primaire est, elle aussi, de la partie. Elle restera même auprès d’eux jusqu’au bout. Tandis que les “filles”, elles, s’en iront bien avant, écœurées par tant de vice!

Marco Ferreri a réuni là ses acteurs fétiches pour faire un film entre amis où les acteurs gardent d’ailleurs leurs propres prénoms. Un film caractérisé de physiologique par le réalisateur qui nous explique que l’idée du film lui est tout simplement venue après avoir partagé quelques repas avec les protagonistes même du film.

Les personnages ont chacun des particularités disons infantiles. Lors de ce huis clos, ils vont tous trois régresser et retrouver le monde maternel qu’ils n’ont jamais vraiment quittés. Philippe, par exemple, vit toujours avec sa nourrice et n’a pas encore été sevré. Michel pratique la danse en tutu. Ugo est marié à une femme castratrice. Enfin Marcello est un gamin attardé qui ne tient pas en place.

Ce long-métrage a fait scandale à Cannes. Mais Ferreri, tout en réalisant un film osé, n’a jamais cherché la provocation. Si le public ne supporte pas le miroir qui lui est tendu, ce n’est pas sa faute. Lui a simplement voulu réaliser un film critique qui soit à la fois réaliste et onirique.

Reste qu’une question se pose: pourquoi diable veulent ils mettre fin à leurs jours? Peut-être la réponse se trouve-t-elle dans la tirade de Michel “Vanitas vanitatis”. Ils veulent échapper à ce monde vain.